À Grenoble, trois années de dossiers municipaux épineux

Par et | Publié le 6 avril 2017

L’écologiste Eric Piolle est élu maire de Grenoble le 30 mars 2014. Une surprise car la municipalité était depuis 1995 un bastion socialiste. Cette victoire lance le mandat du jeune maire avec élan car la victoire est nette, d’autant plus que l’abstention est relativement faible. Après trois ans d’exercice du pouvoir pourtant, l’espoir suscité semble s’être quelque peu flétri, notamment sous les effets d’une politique d’austérité imposée par la baisse des dotations de l’État. Retour sur les dossiers les plus emblématiques.

Son mandat commençait très fort. Le 30 mars 2014, à Grenoble, le candidat Europe Ecologie-Les Verts Eric Piolle renversait au deuxième tour des élections municipales le socialiste Jérôme Safar. Un véritable camouflet pour le PS local, qui tenait la mairie depuis 1995, comme pour les instituts de sondage, qui voyaient perdre la liste d’union EELV avec notamment le Parti de gauche. Personne n’avait en effet vu venir ce mouvement d’ampleur qui balayait assez largement la municipalité sortante, 40,03% pour la liste EELV-PG contre 27,45% pour la liste PS, mais aussi l’abstention, qui passait de 47,60% à 40,95% entre les deux tours.

C’est certainement porté par cet espoir de renouvellement que le début de mandat a connu une sorte d’état de grâce. Bien sûr, les décisions étaient discutées par l’opposition, mais les grenoblois semblaient comprendre la position de la nouvelle équipe. C’est ainsi que le FC Grenoble Rugby avait pu investir le stade des Alpes à la fin de l’été 2014, ou que les panneaux publicitaires avaient pu être enlevés en novembre 2014.

Néanmoins, les premières voix dissonantes au sein de la majorité se sont faites entendre avec le débat sur l’éclairage public en mai 2015. Des tensions qui n’ont fait que s’intensifier avec la baisse des dotations de l’État et le plan d’austérité des services publics qui en a résulté, notamment avec l’annonce de fermeture de trois bibliothèques dans les quartiers populaires du sud de la ville à l’été 2016. A tel point que les conseils municipaux ont désormais régulièrement lieu sous surveillance policières depuis quelques mois. Il n’est qu’à mi-mandat et pourtant Eric Piolle peine désormais à imposer sa vision de la ville. Il a déjà fait marche arrière sur la fermeture de la bibliothèque Alliance, la troisième prévue, après de nombreuses manifestations.

Pourtant, il nous confiait encore à la fin de l’année 2016 toute sa confiance : « Les conseils municipaux se déroulent sans encombre, nous sommes tous sur la même longueur d’ondes ». Quant à ses difficultés à avancer sur certains dossiers, il exprimait toute sa confiance, car, pour lui, rencontrer des résistances fait partie du mandat. Retour donc sur ces dossiers où le maire de Grenoble a pu rencontrer des résistances et où il a parfois réussi à passer outre.