Cancer, diabète, Alzheimer : les médecins peuvent maintenant prescrire du sport

Par et | Publié le 9 mars 2017

Depuis un peu plus d’une semaine, la prescription du sport par les médecins généralistes est possible, pour lutter contre certaines affections de longue durée (ALD). Non-remboursés par la Sécurité sociale, ces soins visent à réduire le nombre de médicaments utilisés par les patients et à recréer un lien durable avec une activité sportive.

Seulement quatre villes en France ont mis en place un dispositif de prise en charge du sport-santé. Crédits : CC Search

Seulement quatre villes en France ont mis en place un dispositif de prise en charge du sport-santé. Crédits : CC Search

Seuls les professionnels habilités – masseurs-kinésithérapeutes, psychomotriciens ou éducateurs sportifs – peuvent dispenser ces soins. Cette nouvelle prise en charge s’inscrit dans le cadre de la loi santé de janvier 2016, qui a déjà mis en place le tiers-payant généralisé et le paquet de cigarettes neutre, entre autres. Elle a été lancée en 2012 par la ministre des Sports de l’époque, Valérie Fourneyron.

Près de 11 millions de malades peuvent être concernés, des personnes atteintes du cancer ou souffrant de diabète, par exemple. Une trentaine de maladies sont listées comme faisant partie des affections de longue durée concernées par le plan. Tous les sports peuvent en théorie faire office de remède, selon l’appui et le suivi d’un médecin généraliste. Certains en particulier ont une efficacité reconnue. La boxe, l’escrime, le karaté et l’aviron sont utiles dans les suites opératoires du cancer du sein. Le cyclisme et la natation sont des traitements efficaces contre le diabète, et le rugby à V retarde la propagation de la maladie d’Alzheimer. Par ailleurs, les sports de raquette comme le tennis, le squash ou le badminton réduisent le risque d’accident cardio-vasculaire, selon une étude du Comité olympique français.

La question en suspens reste le remboursement. Le sport sur ordonnance ne sera pas pris en charge par la Sécurité sociale, mais par certaines mutuelles, telles que la Maif. Quelques rares villes proposent également des dispositifs d’accompagnement, le reste des frais étant à la charge du patient.

Ces soins ont pour but de familiariser davantage le patient avec une activité sportive, pour l’encourager à prendre soin de sa santé et à rester actif. Pour le gouvernement, la finalité du sport prescrit ne doit pas s’arrêter au moment où la pathologie disparaît ou s’atténue, mais la pratique sportive doit continuer par la suite pour maintenir une bonne santé.