EDITO: La politique française peut-elle encore être prise au sérieux ?

Par | Publié le 24 mars 2017

Nouveau scandale dans le monde politique français : mardi dernier dans l’après-midi, le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux a démissionné. La veille au soir, l’émission « Quotidien », présentée par Yann Barthès, avait fait des révélations sur les filles du ministre. Celles-ci, âgées aujourd’hui de 23 et 20 ans, auraient cumulé respectivement 14 et 10 CDD pendant les vacances scolaires, entre 2009 et 2016 pour un montant de près de 55 000€. Et pour une fois, la réaction n’a pas tardé. Le lendemain après-midi, Bruno Le Roux donnait sa démission, remplacé aussitôt pour un homme politique inconnu du grand public, Matthias Fekl. Au total, il n’aura passé que 106 jours en poste, l’une des durées les plus courtes pour un ministre de l’Intérieur sous la Ve République.

Et pendant ce temps-là, la course à la présidentielle se déroule tranquillement, avec à son bord deux candidats poursuivis par la justice. D’un côté, François Fillon, candidat des Républicains est mis en examen depuis le 14 mars pour soupçons d’emplois fictifs concernant son épouse. De l’autre côté, Marine Le Pen pourrait être mise en examen pour des soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen, mais a d’ores et déjà annoncé qu’elle se présenterait coûte que coûte. Le premier prônait l’honnêteté au cours de sa campagne et ne cesse de mentir sur les emplois fictifs de sa femme ; l’autre, convoquée par les juges d’instructions, ne daigne même pas se présenter à une convocation officielle des juges d’instruction. Et ces mêmes personnalités se targuent de pouvoir un jour représenter la France sur le devant de la scène européenne et internationale, et surtout de pouvoir représenter les citoyens français.

Un article de The Independent dénonçait fin janvier le népotisme présent dans la politique française et, à raison l’aveuglement du peuple français, forcé de s’y habituer. A côté des pays nordiques, notre vision de la démocratie fait pâle figure. En août 2016, Aida Hadzialic, ministre suédoise de 29 ans, avait par exemple démissionné pour un délit d’ivresse au volant, 0,2g d’alcool dans le sang.

Si la présomption d’innocence est toujours de mise pour François Fillon, comme pour Marine Le Pen, celui-ci n’a tout simplement pas tenu sa promesse de se retirer s’il était mis en examen. « Je ne me retirerai pas, je ne céderai pas, je ne renoncerai pas ». Les Français ne devrait pas non plus renoncer à avoir des hommes et femmes politiques transparents, fiables, responsables.