Grenoble lance les pétitions citoyennes

Par | Publié le 3 mars 2016

La démocratie participative semble avoir la part belle à Grenoble. Depuis le 23 janvier, les pétitions sont accessibles à tous les citoyens, à partir de deux mille signatures. Et pourtant, cette initiative soulève de nombreuses critiques. Le 29 janvier, Sixtine Lys et Pierre Cloix sont revenus sur le sujet dans le débat de Microcité, avec Pascal Clouaire, adjoint à la démocratie locale et Pascal Clerotte, représentant d’un collectif citoyen, le groupe d’analyse métropolitain.

Microcité

Le dossier de Microcité s’est intéressé aux pétitions citoyennes de Grenoble

 

Cela avait été une promesse de campagne d’Eric Piolle, c’est maintenant chose faite. Désormais, toute pétition qui aura récolté 2 000 signatures des Grenoblois âgés de plus de seize ans sera soumise au débat lors d’un conseil municipal. Deux cas sont alors possibles. Si le conseil municipal est d’accord avec la pétition, il décide de l’adopter. Dans le cas contraire, celle-ci sera soumise à la votation citoyenne, sorte de référendum, et devra atteindre 20 000 voix favorables pour être adoptée par la majorité.

L’objectif de la mairie est avant tout de remettre le citoyen au cœur du processus de décision dans sa ville et de rétablir un climat de confiance. Selon l’adjoint « Notre crédibilité politique c’est de redonner du pouvoir d’agir aux habitants, d’aller chercher ceux qui sont le plus éloignés de la chose publique. » Pour Nathalie Bérenger, du groupe Les Républicains, cette décision est avant tout un effet d’annonce, qui n’a pas été appliqué sur de grands chantiers qui concernent les Grenoblois. « On l’a vu sur le quartier de l’Esplanade, la démocratie participative n’a pas joué. » L’opposition n’est pas la seule voix discordante. Pascal Clerotte estime que ce dispositif n’a pas de fondement légal. « Le résultat ne pourra pas s’imposer au maire. Au maire ne s’impose que trois choses, la loi, les délibérations votées par le conseil municipal et les arrets du juge administratif. » Pour lui, il faudrait demander l’avis du Conseil d’Etat sur un tel sujet, afin en particulier de savoir qui sont les citoyens concernés.

Pour en savoir plus, retrouvez le débat de Microcité dans son intégralité ici (à 12 minutes).