Une virée au Meltdown, refuge des gamers grenoblois

Par et | Publié le 11 mars 2017

En avril, cela fera deux ans déjà que Meltdown, la chaîne de bars dédiée aux jeux vidéo, est venue s’installer dans la capitale iséroise. Le discret bâtiment, situé dans les ruelles de l’hyper-centre de Grenoble, offre un repaire bien équipé et de nombreux challenges aux joueurs, souvent expérimentés et bien décidés à briller en compétition. Mais le Meltdown reçoit aussi la visite de clients moins chevronnés, tout simplement tentés par la singularité du lieu et de l’expérience. Plongée dans ce monde si codifié, mais de plus en plus grand public, qu’est le jeu vidéo.

 

Après 20h, les 65m2 du Meltdown se remplissent rapidement.

Après 20h, les 65m2 du Meltdown se remplissent rapidement. © Simon de Faucompret

 

Il est 18h15. Le Meltdown de Grenoble est à peine ouvert, que les onze ordinateurs qui parsèment la salle de 65m² sont déjà tous occupés. Dans un coin confortablement aménagé, le grand écran de télévision réservé aux joueurs sur consoles est lui aussi déjà sollicité. Il faut dire que pour certains habitués de l’endroit, le jeu, c’est du sérieux.

Puissance des machines, bonne connexion Internet : toutes les conditions sont remplies pour offrir aux compétiteurs dans l’âme la meilleure expérience de jeu possible. Un rendez-vous que l’on devine fréquent, à en juger par les apostrophes familières, les rires et les doigts virevoltants sur les claviers multicolores.

 

Des joueurs au niveau

Le Meltdown est le lieu de rendez-vous des e-sportifs, ces amateurs de compétition vidéoludique. Jeux de tir, de stratégie et de sport… En somme, une multitude de genres pour un seul et même objectif : surpasser ses adversaires, en solo ou en équipe, et remporter la victoire. Au même titre que dans n’importe quelle compétition sportive.

D’autant qu’à Grenoble, « le public est exigeant, juge Alizée Novikoff, cogérante du Meltdown Grenoble depuis son ouverture. C’est peut-être le fait que la ville soit très scientifique, qu’il y ait beaucoup d’ingénieurs… En tout cas, il y a un très bon niveau ! »

Le public, qui a 22 ans en moyenne, bénéficie d’un accès libre aux machines de 18h à 20h, avant de laisser place aux compétitions en deuxième partie de soirée, jusqu’à 1 ou 2 heures du matin.

Une ouverture progressive

La compétition, c’est justement le maître mot de la franchise Meltdown depuis sa création en mai 2012. Et malgré une nette évolution – en bien – dans la médiatisation et l’intérêt de la discipline, la grande majorité des gens ne manquera pas de lever un sourcil interrogateur en entendant les grands noms de l’e-sport. Zerator ? Krayn ? MisterMV ? Autant d’étoiles dans leur domaine, mais dont la lueur peine encore à toucher le grand public.

« L’affaire d’une ou deux années« , selon Alizée Novikoff, qui salue plusieurs initiatives bénéfiques pour le sport électronique. Notamment dans les derniers jours : elle cite la création d’une équipe d’e-sport, la « Team Loco », par la société SNCF, ainsi que l’ouverture du réseau de diffusion de vidéos en direct « LeStream« , le 8 mars 2017. Un projet porté par Lucas Hauchard, ou « Squeezie » sur le Web, propriétaire de la première chaîne française consacrée aux jeux vidéo sur Youtube et suivi par près de 8 millions d’internautes. « C’est grâce à ces entités ou personnalités plus généralistes que le jeu vidéo, notamment compétitif, peut se développer, » assure-t-elle. Et pour preuve : le lancement en direct de « LeStream » a réuni, à son plus haut pic, près de 150 000 internautes.

Élargir la base des fidèles

Mais comme l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, Alizée Novikoff n’a pas attendu pour élargir le champ des possibles. Le Meltdown propose régulièrement des soirées à thèmes autour de la pop culture, afin d’attirer un public plus large. « Pendant la soirée Harry Potter, nous avons reçu quasiment mille personnes ! » se souvient-elle. Et, à partir de là… « Des gens qui ne jouaient pas se sont fidélisés, et reviennent régulièrement pour jouer. » Au programme des soirées à venir : Saint-Patrick, Game of Thrones, ou encore les années 1990…

Une offre bien plus accessible pour les clients moins habitués au jeu-vidéo compétitif, qui peuvent aussi se tourner vers les consoles de salon. « Je ne suis pas un énorme joueur, je joue pour le plaisir, témoigne Luka Hetagourov, étudiant de 18 ans, entre deux parties de Mario Kart contre son ami Giorgi, 21 ans. C’est d’ailleurs Giorgi qui m’a fait découvrir ce bar, je n’en avais jamais entendu parler avant. » Une ambiance atypique et du jeu sans enjeu entre amis – assorti d’une pointe de sarcasme pour le perdant : il n’y a pas nécessairement besoin de plus pour trouver son compte au Meltdown.

 

Le planning du Meltdown Grenoble semaine par semaine est disponible sur leur site.
Autre grand rendez-vous : la première édition du « Hero Festival », les 6 et 7 mai 2017 au Parc des Expositions de Grenoble. Le Meltdown y tiendra deux stands.