Le cinéma, une façon de sensibiliser les enfants à l’écologie

Par | Publié le 14 décembre 2018

Festival film nature

C’est une évidence, la transition écologique se fera grâce à l’aide des générations futures. D’où l’importance de les éduquer très tôt aux enjeux environnementaux. Le Festival du film nature et environnement, à Grenoble, se donne cet objectif depuis une quinzaine d’années. Pour cette édition, quatre journées étaient prévues pour le jeune public.

La moyenne d’âge des spectateurs était de 8 ans, jeudi 6 décembre, au cinéma Le Club à Grenoble. 158 enfants, venus des écoles Jules Ferry et Anthoard, ont participé au volet « scolaire » du festival international du film nature et environnement, organisé par la Frapna (Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature). Le festival, créé en 1986, a souhaité inclure le jeune public il y a une quinzaine d’années. « On avait une centaine de participants au début, se rappelle Pierre-Cédric Petit, responsable du pôle éducation à l’environnement à la FRAPNA Isère. Cette année, plus de 6000 enfants et accompagnateurs se sont inscrits. » Du 26 novembre au 14 décembre, quatre journées étaient dédiées au festival scolaire.

Huit films ont été proposés aux écoliers, tous très différents. Survivre, par exemple : un documentaire de 26 minutes de Anne et Erik Lapied, qui dévoile les secrets des chamois et des bouquetins pour résister au froid. Ou encore The Mountain King, un dessin animé créé par Brandon Wu, qui raconte le règne d’un monarque capricieux, refusant de prendre soin de l‘environnement. Sans oublier Transcendo – landscape experience, un film de Victor Jullien, qui donne à entendre des musiques créées uniquement avec des sons extraits de la nature. « C’est très varié, justifie Pierre-Cédric Petit. Les enfants ne sont pas forcément sensibles à tout, et cela permet aussi d’abord différentes thématiques. » La Frapna avait envoyé en amont un dossier pédagogique aux enseignants, pour les aider à préparer cette sortie cinématographique.

« Les enfants ont déjà une grande conscience écologique »

L’enjeu de ce festival scolaire est de sensibiliser les plus jeunes aux enjeux écologiques et environnementaux. Des thèmes qu’ils semblent déjà comprendre : « Les enfants ont une grande conscience écologique, raconte d’un air tranquille Aurore Casagrande, professeure en CP/CE1 à l’école Anthoard. Je pense que c’est chez eux qu’ils en ont entendu parler. L’école joue un relais mais les enfants ont déjà une certaine culture et conscience des enjeux. Quand on parle des animaux en classe, ils sont capables de dire quelles espèces sont menacées, ou en voie de disparition. C’est quelque chose qui les préoccupe vraiment. »

Le festival permet alors de continuer à développer cette conscience écologique, au travers du cinéma. Une idée pertinente, selon Pascale Stévenin, enseignante en classe de CE1 à l’école Anthoard : « Les enfants sont habitués aux formats longs, et non à des petits films documentaires ou des courts-métrages, détaille-t-elle vivement. Cela permet de garder leur attention, et de découvrir des choses qu’ils n’ont pas l’habitude de voir chez eux, dans leur famille. »

« Il faut protéger les animaux »

Dans l’obscurité, les écoliers ont regardé avec attention chacun des films, en les commentant parfois. « Mais qu’est-ce qu’ils font ? », s’exclame un petit garçon devant une scène de Survivre, où deux chamois rivaux se battent dans la neige. « Chut ! Ils jouent ! », lui répond plus loin une camarade de classe. Pendant la diffusion du documentaire Les sentinelles masquées de Suzy Sommer, les enfants rient en observant les suricates s’agiter, et crient de dégoût en voyant un scorpion s’approcher. Une heure et demie s’écoule, et leur attention ne faiblit pas.

Dès la fin de la projection, les discussions commencent. « J’ai bien aimé le film sur les suricates, s’exclame Ozalée, 7 ans. C’est rigolo de les voir, et qu’on leur donne des prénoms ! » Dans Les sentinelles masquées, la réalisatrice a choisi de prénommer ses deux suricates principaux Gaby et Victor. Une idée qui a bien plu aux enfants. « J’adore comment ils vivent, ils sont trop mignons, complète Arthur. J’en ai déjà vu en vrai, dans une réserve africaine. » Clyde s’aventure, et explique qu’il a préféré le dessin animé The Mountain King : « C’était marrant, dit-il doucement. On n’a jamais vu un géant, alors un géant qui parle, en plus ! » Sherazade, 7 ans, voit même encore plus loin : « Je pense que ça va nous apprendre des choses pour le cours de sciences. Par exemple, je ne savais pas que les bouquetins se battent ! » Sa copine Ritadj poursuit : « Je pense que ces films veulent montrer qu’il faut protéger les animaux. Je suis d’accord, ils sont gentils, il faut les protéger. »

Visiblement conquis, les enfants quittent le cinéma Le Club, des images plein la tête. À leur retour en classe, ils devront voter pour leur film préféré, et décerner le prix « Coup de cœur du jeune public ». Le lauréat sera annoncé début 2019.

Justine Guitton-Boussion et Venantia Petillault