Philippe Poutou : « Parrainer, c’est un geste démocratique »

Par et | Publié le 16 mars 2017

Le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) tenait une réunion publique lundi 13 mars, à Grenoble, avec Philippe Poutou, son candidat à la présidentielle. Cependant, l’aboutissement de sa candidature reste incertain. Le nombre de parrainage est insuffisant à deux jours de la clôture et la voix de l’anticapitalisme reste négligée par les médias.

Beaucoup de "On" et de "Nous" dans le discours de Philippe Poutou; jamais de "je". © Simon de Faucompret.

Beaucoup de « On » et de « Nous » dans le discours de Philippe Poutou; jamais de « je ». © Simon de Faucompret.

Les quelque 180 personnes présentes, serrées les unes contre les autres dans la Maison des habitants du Vieux Temple, ont peut-être assisté à l’un des derniers meetings du candidat Poutou. Bien que souriant et détendu, ce dernier ne cache pas son inquiétude : « Certaines choses se débloquent, mais il y a un risque réel qu’on n’y arrive pas, il nous manque une centaine de parrainages. »

Parrainer au nom de la démocratie

À l’heure où Jacques Cheminade, Jean Lassalle ou encore François Asselineau ont recueilli le nombre suffisant de parrainages, le compte n’y est toujours pas pour Philippe Poutou. Comment expliquer de telles difficultés, alors qu’il avait déjà été candidat en 2012 ? La modification de la loi sur les parrainages ne va pas dans son sens, selon lui.

« Ça apparaît innocent quand les membres du conseil constitutionnel jouent sur les dates, sur le mode de transmission des formulaires et qu’ils instaurent un compteur public, tout comme le fait de rendre public immédiatement le nom de ceux qui parrainent, martèle-t-il. Tout ça contribue à faire hésiter, à mettre un peu la pression, du coup la décision est repoussée jusqu’au dernier moment. »

Cela dit, le candidat du NPA souligne aussi la difficulté que peuvent avoir les élus à soutenir sa candidature. « Certes, on est très marqué politiquement, mais il ne faut pas faire la confusion entre le soutien politique et le geste démocratique ; ce qu’est le parrainage », affirme-t-il.

« Anti-système », c’est une des expressions prisées par tous les candidats à la présidentielle, sans exception ; une expression qui colle bien au NPA. « Les seuls anti-système, c’est nous, assure Philippe Poutou, et on n’arrive même pas à passer le cap des 500 parrainages. On vit dans un monde un peu dingue. »

L’absence de médiatisation

Depuis le 1er février, le candidat du NPA a eu quatre heures de temps de parole dans les médias télévisés français ; Hamon en a eu 104, et Fillon 120. « Dans les médias, on n’y est pas, soupire Philippe Poutou, parce que ça a un côté showbiz, les gros qui s’affrontent ; les petits ne comptent pas.« 

Le 25 février dernier, il était l’invité de Laurent Ruquier sur le plateau d’On n’est pas couché. Pendant l’émission, les différents intervenants entourant le candidat ont été pris d’un fou rire ; celui-ci avait alors dénoncé un mépris et un profond manque de respect. « Cette émission révèle la déconnexion qu’il peut y avoir avec ces gens, ils sont dans leur monde, incapables de discuter politique. »

En France, 95% de la presse nationale est possédée par seulement quelques très riches propriétaires. « On comprend que les capitalistes ne veulent pas donner la parole aux anti-capitalistes, avoue Philippe Poutou, mais globalement, il y a un mépris du débat démocratique. Il y a une idéologie, une classe dominantes qui se foutent complètement des autres. »